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« L'argent est la seule puissance qui ne se discute pas. » / PV

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MessageSujet: « L'argent est la seule puissance qui ne se discute pas. » / PV Mar 6 Sep - 20:23



    Il faisait jour. En effet, le soleil m'aveuglait, alors que moi, j'étais tranquillement allongée dans ce qui me servait de lit. Oui, faute de rideaux en fait. Je n'en avais toujours pas achetés, et puis, j'avais arrachés ceux que Daisy avait mis, avant. Il étaient vraiment trop laid. Certes, j'étais sur la paille, certes, je ne pouvais pas me permettre trop d'excentricité, mais je ne manquais pas de goût bon sang ! Je n'avais aucune idée de l'heure qu'il pouvait bien être. Onze heures ? Midi ? Je ne me levais jamais plus tôt, sauf cas extrêmes. Ce qui me fait penser que je n'ai encore jamais rencontré de cas extrêmes d'ailleurs. Bref. Je sors lascivement du lit, les cheveux en bataille, et cherche à tâtons une petite robe ou un long T-Shirt à passer. C'est pas que ça me dérange que les voisins me voient nue par la fenêtre, mais on va encore jaser dans le quartier. Ce qui n'est pas pour me déplaire : tout ça, c'est une publicité gratuite inespérée ! Je trouve finalement un truc en tissu bleu marine. Ha oui, la robe de la soirée d'hier, certainement arrachée par un vieux. Je me lavais le visage au lavabo et enfilais une autre robe, celle ci étant complètement trouée. Elle faisait plutôt sale, abîmée, chemise de nuit, et arrivais au milieu des cuisses. De quoi faire scandale, encore une fois.
    • Hé oui, t'y couperas pas ma vieille ! •
    Je l'avais oublié celle là. 'La voix', celle qui m'a donné vie, apparemment. Nan nan, je crois pas à toutes ces choses là moi. Ça me dépasse. Enfin bon, je fais avec. J'avais un petit creux, donc j'ai ouvert le petit placard du bas, là où j'entrepose toutes mes victuailles : plus rien. Même pas un paquet de gâteaux, ou quoi que ce soit.
    « Fais suer... »
    Tant pis, j'attache mes cheveux comme je peux et je sors, un petit porte monnaie à la main. Le centre commercial n'était pas bien loin, et j'y allais à pieds après avoir passé une paire de ballerine noires complètement sales.
    Il faisait pas bien chaud, mais tant pis, je pouvais pas me permettre le luxe de m'acheter un manteau. Et puis quoi encore !
    Lorsque je suis entrée dans le magasin, j'ai osé ouvrir le porte monnaie. Il était peut être vide. Peut être pas. J'y jette un coup d'oeil. J’avais plus un sous. Mais alors, ce qui s’appelle plus un sous. Moi qui raffolais du chocolat, j’avais même pas assez pour m’en payer une tablette. De la première marque, ouais, peut être, mais j’avais mes exigences à ce niveau quand même ! Fauchée, oui, mais désespérée au point d’acheter cette m*rde, non. Je jetais un coup d’œil autour de moi : personne.
    •Tu vas pas voler quand même ?•
    Cette fichue voix ne savait décidément pas rester tranquille. Du tout.
    « Voler ? Nooooon… »
    J’attrapais le chocolat en un éclair et le déballais avant d’en prendre la moitié. Personne ne m’avais vu et j’enfournais l’objet de mon désir dans ma bouche, puis jetais la tablette derrière les autres articles pour poursuivre ma visite. Tout était décidément hors de prix. Je ne trouvais même pas un petit paquet de pâte qui rentrait dans mon budget : à savoir, deux euros. J’allais au rayon frais pour voir si j’aurais un peu plus de chance. Je balayais les étalages du regard… Promotion : charcuterie à un cinquante. Un coup d’œil sur l’article, un coup d’œil aux pièces dans ma main.
    « Hooo non… Hors de question… »
    J’étais devenue une végétarienne convaincue depuis deux trois ans, mais c’était la seule chose qui était à ma portée.
    • Fais un effort Gabi, juste pour cette fois…•
    Voilà qu’elle se permettait de me donner des ordres maintenant ! Hors de question. C’était tout simplement hors de question. Mais mon ventre criait famine et… Je me mordis la lève inférieure avant d’attraper les tranches de… De quoi d’ailleurs ? Enfin ces tranches d’animal sous vide. Ça ne m’inspirait que du dégoût. Heureusement je repérais un yaourt nature, seul et isolé derrière du saumon, pour cinquante centimes !
    • Quel festin… Bravo…•
    « Toi, je t’ai pas demander de commentaires. »

    Je fonçais tête basse vers la caisse. Si quelqu’un, par malheur, me reconnaissait, je perdrais toute crédibilité : La végétarienne convaincue, qui commençait sérieusement à taper sur les nerfs de tout le monde en défendant sa cause, achèterait de la charcuterie ? Ha, ils auraient été bien contents les voisins : encore une raison pour eux de railler contre moi.
    • Gabi attention ! •
    Trop tard. Je heurtais de plein fouet un client et me retrouvais avec une magnifique tâche de yaourt sur la robe : encore de l’argent foutu en l’air ! Je rouspétais en essayant tant bien que mal de retirer le plus gros de la tâche, et ne prêtais même pas attention à la personne qui m’était rentrée dedans. Oui, bon, soit, j’étais fautive. Mais à moitié seulement. Je commençais à m'énerver sans même relever la tête. J'en avais marre. Plus que marre. C'était la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Je suis seule, je suis fauchée, je n'ai plus rien à manger, j'ai froid, je fais tomber mes achats, je...
    « Ça peut plus durer ! »
    Comme une idiote, comme une enfant apeurée, déçue, je me suis assises par terre, la tête dans les mains. Je me sentais idiote mais je n'en pouvais plus. J'avais toujours fais ce que j'avais voulu, même sans moyens, j'étais sauvage, on me craignait et on m'aimait mais... Je voulais de la sincérité, de la stabilité. C'était tout.


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MessageSujet: Re: « L'argent est la seule puissance qui ne se discute pas. » / PV Mer 7 Sep - 12:38

Carottes, champignons, concombres, ciboulette, poivrons verts, oignons, salade, pommes de terres, citrons, fraises, oranges, raisins verts, saucisses, rôti de bœuf, côtelettes de veau, poulets, beurre, crème fraiche, fromages, œufs, yaourts, bière, lait, pâte, huile d'olive, ketchup, sucre, dentifrice, mouchoirs en papier, savon,... et n'oublions pas les annotations, pour l'un fallait que du bio, les gâteaux préférés du second, le yaourt à boire au kiwi pour le troisième, toujours prévoir un repas à part pour le quatrième à cause de ses allergies, pour le cinquième penser à doubler les quantités, le sixième... Ils étaient huit. Un conseil, pensez à réfléchir à deux fois avant d'accepter une collocation à huit. Des solutions, ils en avaient testés pleins. Faire les courses tous ensemble, les faire chacun pour soi... ils avaient fini par coller une feuille vierge sur le frigo et chacun y notait ce qu'il voulait. Une autre feuille répartissait les tâches ménagères et ça tournait. Un jour les courses, le lendemain la cuisine, ensuite le ménage, suivi du repassage, deux jours de repos et ça repart... ça marchait plus ou moins bien. Toujours est-il qu'aujourd'hui Sam était de corvée de course or il manquait à l'appel. Il ne répondait pas au téléphone, personne ne savait où il se trouvait, pourtant son lit était défait (depuis plusieurs jours? Là était l'une des questions!). Or vous avez bien compris le fonctionnement du système : comment le préposé à la cuisine peut accomplir sa tâche si les courses n'ont pas été faites? Catastrophe.

- Vous pouvez pas faire moins de bruit?

Surprise générale. Comment pouvait-il sortir de sa chambre l'air mal réveillé alors qu'il n'y avait pas dormi? Ca marche pas, Sam, rien que du cinéma, de la mise en scène! Alors que déjà la plupart l'accusait, le plus sage de la troupe ou le plus perspicace résolut le mystère. Sam était tombé de son lit ou alors n'avait jamais réussi à l'atteindre. Quoiqu'il en soit, il avait dormi par terre, l'angle de vue à l'entrée de la chambre l'ayant rendu invisible, ils avaient tous pensé, faut dire que ce n'était pas rare, qu'il n'y était plus. Ne comprenant rien à rien, Sam se retrouva avec la liste des courses dans une main, et la boite réunissant leurs économies communes dans l'autre. Il fallut une heure supplémentaire pour qu'il soit conscient de la situation et en route pour le centre commercial. Sam n'était pas du matin, même s'il était plutôt midi, Marion avait donc pris l'habitude d'agir à sa place durant ce moment où le sommeil était plus profond que la réalité pour lui, ainsi elle avait l'impression de ne pas perdre son temps, car pour sa part, elle se sentait en pleine forme. Dirigeant son corps de l'intérieur, elle lui faisait boire du café alors qu'il détestait ça, puis l'enfermait dans la salle de bain, tentait l'expérience de la douche froide, se battait pour le rasage. Il n'était plus surpris désormais de se réveiller lavé et habillé, frais comme un pinson.

Finalement arrivé au centre commercial, Sam fit le tour des rayons suivant la liste puis s'estimant satisfait, finit par abandonner son caddie pour se perdre aux rayons des magazines. Il avait toujours eu un faible pour les mannequins, il était bien réveillé désormais pas de problème. Leurs longues jambes exquises, leur port de tête, la fraicheur de leur peau, la beauté de leurs traits, la courbe de leur hanche... il y a pas à dire, ces filles étaient magnifiques. Il s'arrêta sur une photo splendide présentant deux jeune femmes masquées, richement parées, l'une derrière l'autre, ce qu'elles exprimaient éta... aïe!!

*Le liquide vaisselle, t'as oublié le liquide vaisselle, c'est par là!*

Frustré, Sam se vit reposer le magazine et reprendre le caddie courant après les rayons à la recherche du fameux produit. De quoi elle se mêlait? Qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire cette fichue liste de course, c'est pas comme si elle était réellement concernée! Partager un corps, quelle idée! Le pire dans tout ça c'est qu'il n'avait même pas eu le temps de lire les potins de stars! Quelle tragédie! Négligeant Sam, Marion prit les choses en main et dénicha le trésor recherché. Satisfaite, elle le déposa dans le caddie qu'elle rangea un peu. Elle ressortit ensuite la liste de course vérifiant le tout scrupuleusement, autant bien faire les choses.

C'est par un très grand hasard que Sam assista un peu plus tard à la collision, il cherchait une blague à faire à Marion pour se venger, en fait il avait prévu de la pousser à foncer sur cette superbe pyramide de boite de conserve et la laisser ensuite toute seule gérer la situation, ce qui promettait d'être très amusant, elle ne pouvait être plus mal à l'aise et lui ne craignait pas pour son image. La scène s'avéra tout aussi pathétique. La blonde finit déboussolée et à genoux le t-shirt rempli de yaourt, l'autre marmonna quelques excuses l'air gêné avant de la laisser à son triste sort. Le regard de Sam s'attarda sur la crinière ensoleillé, il n'avait pas encore reconnu la jeune femme mais fut marqué par son allure peu soignée et son désespoir évident. Elle ne se relevait pas. Marion trouva très honorable qu'il s'en inquiète mais lui rappela qu'ils devaient rentrer. Sam s'avança. Gabrielle? Pas possible! Marion nia, ce n'était pas elle. Pourtant si. Sam afficha un sourire amusé et abandonnant de nouveau son caddie, s'accroupit à la hauteur de la jeune femme. Elle avait même du chocolat au creux des lèvres!

- Alors Cosette, qu'est-ce qui t'arrive? Oh... là, le bord du gouffre est proche! C'était pas le bon! Tu sais ce qu'on dit, une chance de perdue, dix de retrouvée. Je comprends pas, c'est censé être infaillible cette technique du rentre dedans! Même la tâche était parfaitement réussie! Mais il t'a à peine regardé, faut le dire! En même temps, t'as pas fait d'efforts ce matin, lendemain de fête? Malheur!

Et il riait malgré son regard bienveillant. Marion fit de son mieux pour retenir une grimace. Bien que ça faisait un moment qu'elle partageait directement sa vie, elle n'arrivait pas à s'y faire, comment avait-elle pu créer un personnage capable de dire autant de bêtises en un temps records? Et bavard! Elle devait déjà être saoulée par son discours! Mais il continuait de plaisanter joyeusement même quand il se faisait remballer comme une vielle chaussette. Avec ce genre de propos, c'était pas si surprenant. Il y en a comme ça qui ne retienne rien de leurs expériences passées. Marion l'avouait parfois, elle ne savait plus quoi faire de lui! Il n'y avait même pas de jugement en réalité dans sa manière de l'aborder, mais cette manière de toujours prendre les choses à la légère l'énervait. Finalement, c'était probablement elle la frustrée.

- Tiens, tu manges ce genre de truc toi?

Il venait de ramasser la boite de charcuterie. Elle était pas végétarienne? Il devait se tromper. Peu importe, c'était pas le plus important pour l'heure. Le yaourt? On l'oublie, elle l'avait déjà empochée. Il balança la charcuterie avec ses propres achats et... mima la posture du parfait gentleman lui tendant la main pour l'aider à se relever. L'exagérant un peu? Probablement beaucoup, c'est censé faire sourire au moins. Ignorant la probabilité de ce genre du succès, il sourit lui-même et l'encouragea à le suivre.

- Allez, viens, fais pas cette tête! Maintenant que ton superhéros est arrivé!

Quoi? Il y avait plus personne qui venait en aide aux jeunes filles dépareillées aujourd'hui. L'indifférence régnait en maître, les gens passaient à côté d'elle en prétextant qu'il ne l'avait pas vu, remarque ça limitait la concurrence et rendait son acte plus héroïque. Finalement, peut être que les commentaires cassants de Marion avait une raison d'être... Bon, d'accord, c'est vrai que c'était pas drôle. Il avait connu lui-même autrefois l'angoisse du frigo vide, à moins que ce ne soit plutôt celle du porte-monnaie? Bosser, gagner de l'argent, dur quand on est encore mineur et en faisant un mètre quarante avec une bouille d'enfant, impossible de mentir sur son âge. Et avec ça, on est censé faire à manger pour trois tous les jours, sans compter les commandes supplémentaires d'alcool sans billets glissés sous la table. Interdit de revenir les mains vides bien sûr. Qu'est-ce qui lui faisait penser qu'elle avait un problème d'argent? Son petit doigt? Pour quel autre raison pourrait-on sombrer de désespoir dans un supermarché? Et acheter de la viande en promo alors qu'on est végétarienne? Il faut pas sortir de polytechnique pour comprendre! En plus, il était plus ou moins déjà au courant non?
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MessageSujet: Re: « L'argent est la seule puissance qui ne se discute pas. » / PV Mer 7 Sep - 17:53

    Je restais accroupie un certain temps. En fait, j'osais pas relever la tête. Ça aurait très bien pu être quelqu'un du quartier, qui me connaissait bien. Ha non, décidément, je ne pouvais pas faire ça. Déjà que j'avais pas l'air chouette dans la vie de tous les jours, mais me voir dans cette posture, un trace de chocolat près de la bouche, du yaourt sur ce qui restait de ma robe, de la charcuterie à mes côtés... Franchement, on pouvait pas faire pire. J'écoutais sans trop faire attention les mots du jeune homme... Un petit sourire illumina mon visage, mais bien sûr, personne ne le vit. Je réfléchissais. J'avais déjà entendu sa voix, quelque part... Au café ? Possible. Peut être même à l'hôtel, qui sait ! Voyons, ça ne devait pas être bien difficile, seul lui avait cette manière de dire les choses... Hum... Jim ? Non, c'était pas ça. Sa... Sam, ouais, voilà ! C'était Sam. Cette fois j'en étais sûre : on se connaissait, il était hors de question que je me lève.
    • Et, qu'est ce que tu comptes faire ma vieille ? Rester plantée là toute la journée ? •
    Merci du soutien, j'avais envie de dire. Mais ça n'aurait fait qu'aggraver la situation. Je cherchais sans trop rien voir l'emballage plastique qui contenait la viande, histoire de faire disparaître toute preuve. Mes mains balayaient - de manière particulièrement discrète d'ailleurs - le carrelage froid, et surtout... pas très propre. Bon sang, impossible de le trouver. D'ailleurs j'étais suffisamment bête pour penser qu'il ne m'avait pas encore reconnue ! Rien qu'à ma dégaine, on pouvait tout dire de moi. Ce que j'avais bu hier soir, avec qui j'avais dormi, où ça, comment. Et puis... Merde. Sam venait de ramasser la charcuterie, c'en était fini de moi. Evidemment, il avait l'air étonné, évidemment ! Pourtant, je savais bien qu'au fond il était pas le genre de garçon à se moquer. Juste gentiment oui, mais jamais je n'aurais attendu de reproches et de railleries de sa part. Il me tendit la main en bon gentleman et je me mis à rire doucement, levant le regard vers lui. Bon, je n'allais pas resté éternellement ici quand même, et je me décidais à attraper sa main, le coeur un peu plus léger. Finalement, ça n'était pas si grave ça... Enfin debout, je ne me sentais pas plus digne, au contraire même. Je cherchais du regard mon repas du soir, quand je le vis dans son caddie.
    "Non non non, je suis fauchée, ça n'est un secret pour personne, mais je ne vais pas te laisser payer ça quand même !"
    J'avais toujours fais ma vie toute seule, virevoltant entre les divers petits boulots et les situations moins agréables pour subvenir à mes besoins, et je détestais dépendre de quelqu'un. Pourtant, j'étais dépendante. Plus que quiconque. C'est idiot et, j'ai toujours eu honte de le dire, mais sans amour et reconnaissance, je ne suis rien du tout.
    • C'est bon, commence pas ton char. Sam t'offre ton 'repas', ça va. •
    Elle ne se rendait pas compte je crois. Elle avait beau - soit disant - m'avoir créée, elle ne me comprenait pas. Décidément, j'étais bel et bien coincée. Je me sentais un peu flasque à vrai dire. Comme si j'étais en train de m'endormir. Et toujours pas moyen de me rappeler les évènements d'hier soir. J'avais certainement dû abuser sur la Tequila, ça me réussissait pas. De toute façon j'avais beau faire, j'étais pas faite pour l'alcool. Trois verres et je suis pompette.
    • Reste pas comme une idiote Gabrielle, remercie le, prends tes cliques et tes clac et rentre chez toi, j'en sais rien, mais fais quelque chose ! J'ai honte, mais comme j'ai honte... • 
    Honte de quoi ? Alors ça c'était la meilleure ! Mademoiselle m'avait donné une vie impossible, un taudis pour logement, même pas de baignoire, ni de toilettes (c'est vous dire !), une tendance au suicide, une famille totalement désintéressée de mon sort, et madame avait honte face à mon indécision ? Alors là, il y avait de quoi être outrée. Franchement. Ouais bon, en même temps, c'était vrai, je me devais de le remercier.
    "Merci Sam, heureusement que tu m'as redonné le sourire... Qu'est ce que je peux faire pour te remercier ?"
    J'aurais l'air bien s'il me demandait de l'inviter à boire un verre - entre amis, bien sûr -, fauchée comme j'ai toujours été. Mais c'était pas le genre du bonhomme, non. Il ferait peut être la blague, mais rien de sérieux. Et pourtant, c'était pas faute de vouloir le remercier ! J'avais besoin de gens comme lui. Qui me forcent, en quelque sorte, à être positive et à garder le sourire. Je lui devais bien quelque chose, quand même...
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MessageSujet: Re: « L'argent est la seule puissance qui ne se discute pas. » / PV Jeu 8 Sep - 15:02

Sam n'était pas mécontent de cette rencontre inattendue. Cette fille semblait avoir le chic pour se mettre dans des situations compliquées. Disons qu'elle avait un peu tendance à tout voir en noir, il l'aimait bien quand même. Peut être à cause de ce petit air pincé qu'elle affichait dans ces cas là... même si peu soignée, elle dégageait quelque chose de plaisant. Faut dire que c'était une belle fille. Et puis, il avait toujours préféré la compagnie à la solitude... d'ailleurs, il avait proposé de faire les tâches en équipe pour sa part. Au moins par deux. Que ce soit les courses ou la vaisselle, avouez que c'est toujours plus sympa à deux! Ca n'avait pas déplu mais c'était compliqué à gérer, ça se faisait irrégulièrement, autant dire très rarement. Mais restons concentré, il avait mis la viande dans son caddie plus par automatisme et pour se libérer les mains que par un grand acte de générosité réfléchi et calculé. Or, une fois debout, elle s'opposa clairement à ce qu'il paye la charcuterie. Marion eut un ton compréhensif, voulant même expliquer à Sam la définition de la fierté mais il ne l'écoutait pas, rappliquant avec un air malicieux, proposant une solution.

- Paye-le si tu veux! J'ai pas dit que je le ferais, je le pousse juste pour l'instant! Mais si tu l'oublies là, il est probable que je m'en rende même pas compte à la caisse, d'autant que ce sera pas vraiment mon argent... On continue ensemble? J'ai encore quelques trucs à prendre! Tu voulais autre chose toi? Un autre yaourt peut-être?

En effet, s'il utilisait l'argent qu'il avait en poche, il ne payerait véritablement qu'un huitième de la somme indiquée sur l'emballage, ce qui au final ne devait pas représenter grand chose. Personne ne vérifierait le ticket de caisse en rentrant! Sam avait peut être connu le manque d'argent, il n'en était pas moins dépensier pour autant. Après tout, l'argent est fait pour nous passer entre les mains, pas vrai? En général, il ne lui restait jamais rien à la fin du mois. Là il faut avouer, qu'il y a quand même un avantage à vivre à huit, on peut toujours compter sur les autres pour compenser ses propres faiblesses. Sam avait appris à accepter l'aide des autres. C'est même grâce à ça qu'il pouvait sourire aussi facilement aujourd'hui. Il avait des amis sur qui compter et c'était le plus important à ses yeux. Quoiqu'il arrive, quoiqu'il fasse, ils étaient là. Tous pour un, un pour tous, de vrais mousquetaires. Même si certains dépassaient un peu les bornes parfois, personne n'est parfait. Mais pour revenir à la charcuterie, ce que Sam trouvait réellement drôle, c'était de la voir elle, en tant que végétarienne insister pour la payer! Quand au reste, avoir le beau rôle, c'est pas si désagréable, ça lui plaisait même!

*Tu devrais lui prendre du détachant ou quelque chose de ce genre... qu'elle puisse avoir des vêtements propres.*

Ça semblait une évidence pour Marion. Quand elle allait mal, l'important pour elle était de conserver l'apparence, faire comme si tout va bien, ne pas avouer ses faiblesses. Ne pas laisser les autres savoir. Dans la situation de Gabrielle, c'était un peu plus compliqué, il y avait un enjeu vital qui passait devant le social. Alors peut être que Marion se trompait, elle ne connaissait pas la situation de la jeune femme, elle s'imaginait seulement à sa place. Mais est-ce qu'elle accepterait l'aide de Sam? Pas sans gêne. Mais parfois la gêne peut être secondaire au plaisir de porter un vêtement propre et de manger à sa faim, non? Elle n'en était pas si sûre... Sam se moqua d'elle parce qu'elle passait son temps à se triturer les méninges, se posant bien trop de questions. Le pire c'est qu'il ne l'écoutait même pas, se dirigeant dans les rayons. Personne ne râlerait contre un supplément gâteau. Il suffit parfois d'une simple rencontre pour faire naître une toute nouvelle motivation. Un peu de farine, du chocolat, trois quatre autres bricoles sous les commentaires de Marion qui cherchait à lui rappeler de regarder les dates de fraicheurs, de comparer les pris, de ne pas prendre le premier produit aperçu. Au final, elle trouva la solution, cherchant à attraper le produit avant lui, ce qui faisait de Sam quelqu'un d'encore plus impulsif. Du moins en apparence. Marion, qui de toute évidence aimait le contredire, le critiqua à nouveau, prétextant que de continuer à remplir son caddie devant elle, n'était peut être pas très diplomate. Mais quoiqu'elle dise, il n'en faisait toujours qu'à sa tête. Et puis, c'est simple, ils n'étaient jamais d'accord sur rien.

Tenez encore exemple, Gabrielle remerciait Sam. Marion n'aurait rien voulu en retour, elle aurait même été gêné d'être ainsi remercié. Après tout, il avait pas fait grand chose, il l'avait juste aidé à se relever, ça méritait quand même pas d'en faire toute une histoire. Sam, pour sa part, n'hésita pas une seconde, lui trouvant tout de suite une tâche à exécuter. Ce qui ne l'empêcha pas de penser qu'il aurai été dommage de passer à côté d'une jolie fille sans essayer de lui redonner le sourire! Qui ne tente rien, n'a rien...

- Je dirais pas non à un coup de main pour porter les sacs, tu tombes bien en fait!

*C'est lourds des sacs de commission!*

S'offusqua encore Marion. Justement, lui répliqua Sam. La liste était un peu longue aujourd'hui, il allait être bien chargé, il avait pas de voiture, et puis c'était toujours plus agréable d'être accompagné non? En général, il ne choisissait rien de désavantageux.... Il se tourna vers la jeune femme, souriant à nouveau.

- On passe à la caisse?
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« L'argent est la seule puissance qui ne se discute pas. » / PV

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